mercredi 19 avril 2017

Son of Dracula 1943

Lorsqu'on parle de Robert Siodmak (8 Août 1900 - 10 Mai 1973), on ne peut qu'évoquer sa prolifique réalisation dans le domaine du film noir. Né d'une famille d'origine juive polonaise, il a travaillé comme banquier avant de devenir scénariste pour le réalisateur Curtis Bernardt en 1925. Il deviendra réalisateur en 1930 avec "Les hommes et le dimanche". Lorsque le nazisme éclate au début des années trente, il s'exile à Paris puis à Hollywood où il va travailler pour la Fox et la Paramount. Lorsqu'il signera un contrat cher Universal, il va réaliser "Son of Dracula" et "Cobra Woman" avec Maria Montez. 
Puis il s'orientera vers le polar où il éclatera littéralement à l'écran en mettant en scène des films d'une haute qualité tant par le scénario, la réalisation et l'emploi des acteurs. Je citerai "Phantom Lady" avec Franchot Tone, "The suspect" (1944) avec Charles Laughton, "The dark mirror" (1946) avec Lew Ayres, "The killer" avec Burt Lancanster (1946), "Cry of the city" avec Victor Mature (1948), "Criss cross" (1949) avec Burt Lancanster.
Le "Fils de Dracula" qu'il réalise en 1943 va clore ce triptyque sur la famille Dracula. Le scénario est écrit par Eric Taylor (d'après une histoire de Curt Siodmak)auteur des scénars de : "Black Friday" (1940), "The black cat" (1941), "Le spectre de Frankenstein" (1942), "Le fantôme de l'opéra" (1944) qui apporte ici des trouvailles assez réussies avec tout d'abord l'action du film transposée en Louisiane, délaissant les forêts brumeuses de la Transylvannie. Le décor est planté et nous voici dans les marécages mystérieux qui peuplent la contrée du Bayou où se trouve le manoir Dark Oakes abritant la famille Cardwell. Dracula a laissé son pays natal en pleine désolation pour coloniser une nouvelle contrée. Sous le pseudo du Comte Alucard (que tous cinéphiles cryptographes en reconnaîtront l'anagramme de Dracula), cet aristocratique s'est fait inviter chez les Cardwell où il retrouve Kay, une jeune fille qu'il a rencontré à Budapest. Cette dernière attirée par le spiritisme et l'immortalité sacrifiera l'amour de son prétendant pour devenir la promise du vampire qui en fera une adepte.
A travers cette ambiance quasi fantastique qui règne dans le film de Siodmak, vient s'ajouter une ambiance policière chère à son réalisateur à partir du moment où le jeune héros est accusé du meurtre de Kay. L'oeuvre va basculer dans une enquête  où le shérif et le professeur Lazlo vont s'unir afin de tenter de démystifier la présence d'une non morte.
Comme je l'ai souligné précédemment le film scintille par la présence de séquences majestueuses comme l'ouverture du générique présidée par deux mains velues qui écartent une toile d'araignée, le cercueil du vampire qui flotte sur l'eau boueuse des marais où une fumée qui s'échappe du couvercle se matérialise sous la forme du Comte Alucard, les transformations d'hommes en chauve souris et vice versa montrées pour la première fois dans l'histoire du vampirisme grâce au génie de John P. Fulton, un mariage vampirique célébrée une nuit devant un juge de paix.
L'emploi de Lon Chaney pour incarner le vampire s'avéra efficace. Alors âgé de 37 ans, notre vedette a déjà derrière lui un beau petit palmarès de porteur de masques : le loup garou, la momie, le monstre de Frankenstein. Affublé d'une fine moustache, le visage légèrement bouffi, Chaney est acceptable dans la peau de Dracula et son jeu de scène peut rivaliser avec celui d'un Bela Lugosi, John Carradine ou Francis Lederer par la suite. Par rapport à son père, il possède une force incroyable et peut disparaître sous la forme d'un nuage à la vue d'une croix!
Pour incarner la séduisante Kay Cardwell, l'Universal engagea l'actrice Louise Allbriton (30 Juillet 1920 - 16 Février 1979). Elle a étudié à l'Université d'Oklaoma, puis elle prendra des cours d'art dramatique qui lui feront décrocher un contrat chez Universal où elle débutera dans le film de Lewis Seiler : "Pittsburgh" en 1942 avec Marlène Diétrich et John Wayne. "Le fils de Dracula" sera son deuxième film où elle joue cette épouse fataliste qui éblouit par la vie éternelle, proposera à celui qu'elle aime d'accéder à l'immortalité!
Son plus grand succès sera lorsqu'elle tournera "San Diego je t'aime" de Réginald Leborg en 1944 avec John Hall. Elle sera la partenaire  de Fred Mac Murray dans le vaudeville "L'oeuf et moi" de Chester Erskine en 1947. L'année 1948 marquera son adieu au cinéma avec "Walk a crroner a mile" de Gordon Douglas avec Louis Hayward.
Dans le rôle de l'amoureux transit, c'est Robert Paige (2 Décembre 1911 - 21 Décembre 1987) né John Arthur Paige. En 1934 il apparaîtra sur les écrans sous le pseudo de David Carlyle qu'il changera en Robert Paige en 1938 lorsqu'il signera un contrat chez Columbia. Travaillant aussi pour la Paramount (The monster and the girl), puis chez Universal où il sera employer à jouer dans des comédies musicales ou comiques avec le duo Abbott et Costello et Bop Hope.
Après avoir joué le rôle de Frank Stanley dans le "Fils de Dracula", il quittera les studios Universal pour devenir producteur indépendant à la télévision. Il reviendra au grand écran avec "The mariage go round" en 1961 de Walter Lang et "Bye bye birdie" de Georges Sidney en 1963.
Si le personnage du professeur Van Helsing est effacé du scénario, il n'en demeure pas moins qu'un autre chasseur de vampire en l'ocurence le Professeur Lazlo, assure la continuité dans la lutte contre ce fléau mortel. C'est l'acteur Edward Bromberg (25 Décembre 1903 - 6 Décembre 1951). Il est né à Temeschburg en Hongrie. Il émigre aux états unis alors qu'il est âgé de 5 an. Plus tard il obtient un diplôme d'études secondaires puis il se met à travailler afin de se payer des leçons d'acteurs. A l'âge de 23 ans il débute au théâtre et devient membre fondateur du Civic Repertory Théâtre. En 1936 il est engagé par la Fox pour remplacer l'acteur Warner Orland décédé pour le rôle de Charlie Chan, mais malheureusement le rôle en reviendra à Sidney Toler. Son physique grassouillet lui vaudra de jouer des personnages atypiques : Luis Quintero dans "La marque de Zorro" de Rouben Mamoulian en 1940, "Karl Einer membre de la Guestapo dans "L'homme invisible contre la Guestapo" d'Edwin L. Marin (1942), "Amirot le régisseur de l'Opéra dans "Le fantôme de l'Opéra" de Rupert Julian en 1944. En 1950 il est accusé d'être membre du parti communiste américain et inscrit sur la liste noire d'Hollywwod. Cette décision l'anéantira sur le plan physique si bien qu'il décédera l'année suivante d'une crise cardiaque.
Collection privée E.Escofier


Collection privée E.Escofier

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Collection privée E.Escofier
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Collection privée E.Escofier



FICHE TECHNIQUE

Réalisateur    Robert Siodmak
Producteur    Ford Beebe
Scénario        Eric Taylor
Photogr.        Georges Robinson
Musique       Hans J. Salter
Direct. Art   John B. Goodman, Martin Obzina
Costumes     Vera West
Maquillage  Jack Pierce
Effets Sp.     John P. Fulton
Date de sortie : U.S.A. 15 Novembre 19+43
Distribution : Robert Paige (Frank Stanley), Louise Allbriton (Khaterine Caldwell), Evelyn Ankers (ClaireCaldwell), Frank Craven (Dr Brwster), Edward Bromberg (ProfesseurLazlo), Samuel S. Hinds (le juge), Pat Moriarty (Sherif Daves), Lon Chaney (Dracula), George Irving (Colonel Carlwell). 80mn
  




La bande annonce