vendredi 23 juin 2017

The Leech Woman 1960



Joseph Gershenson qui avait produit le mythique "Curse of the undead" se retrouve sur la sellette pour commanditer un nouveau film d'horreur dirigé par Edward Dein : "The Leech woman". La production engage le scénariste David Duncan (17 Février 1913 - 25 Décembre 1999) qui démarra dans l'écriture à l'âge de 33 ans. Après avoir travaillé durant dix ans dans les services du gouvernement, il se met à écrire des romans de science fiction qui seront publiés dans le magazine "Collier". Puis il écrit son premier scénario pour le film d'Edward Ludwig "Sangaree" avec Fernando Lamas et Arlène Dahl. L'année suivante il est l'auteur du script de "The white orchid" de Réginald Leborg avec William Lundigan et Peggy Castle.
Dans le monde du fantastique, il écrira quelques scénarios alléchants : "Rodan" (1957) version Anglaise, "The monster that challenged the world" (1957) d'Arnold Leaven, "The black scorpion" (1958) d'Edward Ludwig, "Monster on the campus" (1958) de Jack Arnold. Mais il écrira une des plus belles histoire dans le large éventail de la science fiction pour le film de Georges Pal en 1960 : "The time machine". En 1966 il collaborera au scénario du film de Richard Fleisher : "Le voyage fantastique".
Pour ce qui est du concept de "La femme sangsue", David Duncan concocte un magnifique scénario très riche en péripéties, où le maquillage crée par Bud Westmore demeure un régal pour nos yeux. Ici, l'infortunée June Talbot nous est décrite comme une femme alcoolique, une épouse frustrée mariée à un endocrinologue qui a dix ans de moins qu'elle. Ce dernier semble ne plus avoir la flamme envers une épouse dont la chirurgie esthétique ne peut plus rien faire. Le couple est au bord du divorce jusqu'au jour où une vieille femme au visage momifié vient consulter le praticien. Cette dernière se prénomme Malah et elle est âgée de 140 ans... Vivant dans une île perdue  près du fleuve Macambo en Afrique du Sud, elle détient le secret de l'éternelle jeunesse grâce au pollen d'une orchidée spéciale qui ajoutée avec quelques gouttes de la glande pinéale (se trouvant dans le cerveau), le processus de la vieillesse peut être ralenti... Le docteur avec l'aide d'un guide peu scrupuleux et de son épouse, organise une expédition dans les fins fonds africaine. Le trio est capturé par des indigènes qui les conduiront à Malha. Là une nuit, devant leurs yeux, ils vont assister à une étrange cérémonie où Malha retrouvera  une jeunesse de vingt ans...
Le film est porté par la présence de la vénéneuse Coleen Gray (23 Octobre 1922 - " 3 Août 2015). Née Doris Bernice Jensen, elle obtient un baccalauréat en arts avant de travailler comme bibliothécaire, puis serveuse. Ensuite, elle s'inscrit à l'Université de Californie où elle décroche des rôles de premiers plans dans des productions théâtrales. Au cinéma, elle sera reconnue pour jouer les femmes fatales dans l'univers du polar : "Kiss of death" d'Henry Hathaway en 1947 avec Victor Mature, "Sleeping city" de George Sherman en 1950 avec Richard Conte, "Kansas City" de Phil Karson avec John Payne (1952), "The killing" de Stanley Kubrick en 1956 avec Sterling Hayden, "P.J." (1968) de John Gillermin avec George Peppard. 
A la télévision entre 1950 et 1986 elle participera à plusieurs séries télévisées de renom comme ; "Perry Mason, Alfred Hitchcock présente, Bonanza, Sur la piste du crime, L'home de fer, "Monsieur Ed, Urgences". Dans le fantastique, elle joue dans "The vampire" de Paul Landres en 1957 et "The phantom planet" (1961) de Fred Gebbardt. Ici, elle incarne June Talbot, cette future "vamps" qui va se métamorphoser grâce au liquide céphalo-rachidien provenant d'un homme jeune, en une sublime jeune femme. Coleen Gray nous offre une interprétation de qualité dans laquelle elle nous offre deux personnalités : la première étant celle d'une femme complexée ayant une forte addiction à l'alcool. Ne possédant plus la beauté féminine qui entretient la flamme de l'amour, elle se sent rejetée. Mais sa seconde personnalité apparaîtra lorsqu'elle sera en mesure de retrouver sa beauté d'antan. Perverse et sans aucun scrupule, elle n'hésitera pas à faire trucider son mari pour arriver à ses fins. Enchaînée dans le tourbillon du meurtre, elle tuera le guide. Calculatrice, elle revient au pays mais en se faisant passer pour une nièce. Mais les effets de la drogue n'étant pas cumulatifs, il faudra qu'elle tue à nouveau! Son dernier meurtre sur celui d'une jeune femme la conduiront à son propre anéantissement ignorant que le liquide céphalo-rachidien féminin n'avait aucun effet!
Dans le rôle du mari, l'endocrinologue Paul Talbot, la production choisit l'acteur Philipp Terry (7 Mars 1909 - 23 Février 1993). Fils unique d'un père ingénieur chimiste, en puits et pétrole, Frederick Henry Korman étudia à l' Université de Hartford où il décida de devenir acteur. Après s'être inscrit à la Royal Academy d'Art Dramatique, il joue ses premiers rôles dans des pièces de William Shakespeare. Puis il obtient un contrat avec la Paramount où il joue dans un film fantastique signé par Stuart Heisler en 1941 : "The monster and the girl". Avec une carrière de plus de 80 films, on retiendra deux films majeurs : "Lost week-end" de Billy Wilder avec Ray Milland en 1945 et "To each his own" '(1946) de Mitchell Leiser avec Olivia de Havilland. Dans le fantastique il tournera un autre film en 1966 sous la direction de Michael A. Holy : "The navy versus the night monster". Dans "La femme sangsue" il est Paul Talbot, un homme froid et calculateur dont l'ambition se borne à faire redevenir son épouse jeune et belle. Mais ses noirs dessins s'achèveront vers une mort tragique.
Autre personnage récurrent du film fantastique est la présence de la belle Gloria Talbot (7 Février 1931 - 19 Septembre 2009) qui fut une enfant actrice à l'âge de sept ans. Elle apparaît dans trois films : "Maytire" (1937), "Sweet of low down" (1944), "A three grows in Brooklyn" (1945). Par la suite elle partagera sa carrière d'actrice entre le grand écran et la télévision où elle apparaît dans des séries cultes : "Bonanza, Rahwide, Zorro, Perry Mason, Au nom del a loi, "Cisco Kid, Conflict, Laramie".
Au cinéma, elle vogue entre la comédie et le western. Mais elle se fera une petite réputation dans le cinéma fantastique en étant la vedette de : "Daughter of Dr Jekyll" (1957) d'E.G. Ulmer, "The cyclops" de Bert I Gordon en 1957, "I married a monster from outer space" de Gene Fowler Jr en 1958. Dans "The leech woman", elle campe l'infirmière Sally Howard qui deviendra une victime potentielle de June Talbot.
A la sortie, "La femme sangsue" restera une film honorable doté d'un scénario sans faille. Cette histoire de sorcellerie africaine mixée avec le mythe de l'éternelle jeunesse est mise en valeur par la qualité de l'interprétation des acteurs et surtout par le magnifique travail de Bud Westmore sur le maquillage appliqué à Coleen Gray. 
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier
Collection privée E.Escofier

Collection privée E.Escofier



FICHE TECHNIQUE

Réalisation   Edward Dein
Producteur   Joseph Gershenson
Scénariistes   David Duncan et Ben Pivar
Photogr.        Ellis W. Carter N/B
Musique        Irving Gertz
Dirt. Art.      Alexander Golitzen
Décors          Russel A. Gausman
Costumes     Bill Thomas
Maquillage  Bud Westmore
Dates de sorties : U.S.A : Mai 1960
Distribution ; Coleen Gray (June Talbot), Philipp Terry (Dr Paul Talbot), Gloria Talbot (Sally Howard), Grant Williams (Neil Foster), John Van Dreleen (Brtram Garvay), Estelle Hemsley (Malha), Kim Hamilton (Malha jeune), Arthur Batanides (Jerry). 77Mn







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La bande annonce